12.10.2006
Pourquoi "Carpe diem" ?
Il est rare dans l’histoire de la poésie qu’une image ait connu autant de succès que l’expression CARPE DIEM issue d’une ode brève du poète latin Horace (*).
Ce couple de mots littéralement intraduisible tire son dynamisme de l’association inattendue du verbe CARPERE et du nom DIEM. Le premier appartient à la sphère des fruits. Fruits que l’on cueille, que l’on porte à la bouche pour les savourer.
Le second mot est un nom complément direct du premier et désigne tout simplement le jour. C’est la syllabe DI que l’on retrouve en français dans l’appellation des jours de la semaine : lundi (jour de la Lune), mardi (jour de Mars),
CARPE DIEM est une invitation à saisir le jour et à le déguster comme un fruit savoureux. Cette invitation était dédiée initialement à une jeune fille au prénom révélateur LEUCONOË, c’est-à-dire ESPRIT BRILLANT. Une jeune fille qui, d’après les recommandations que lui adresse Horace souhaitait vivre longtemps. Avec une tendresse toute paternelle et une profonde sagesse, le poète appelle cette jeune fille à réaliser que la vie se passe au présent et qu’il lui faut mordre à belles dents le moment qui passe, même si elle savait par impossible qu’elle allait effectivement vivre encore bien des hivers.
Il faut lire les huit vers latins où s’insère, au début de la dernière ligne, l’expression en question pour comprendre la portée universelle du conseil que nous glisse Horace avec un pincement au cœur à peine voilé, face à l’écoulement irrémédiable du temps. Ceci est la traduction moderne légèrement adaptée de cette ode célèbre. Puisse-t-elle susciter une émotion comparable à celle qu’éprouvèrent ses premiers lecteurs, en 23 av. J.-C., année de sa première publication !
Carpe diem.
Pourquoi cherches-tu l'impossible
en voulant à tout prix
connaître d'avance
ce que la vie nous réserve à toi et à moi ?
Quoi qu'il puisse nous arriver,
la sagesse n'est-elle pas
de nous soumettre chacun à notre sort ?
Que la vie te réserve encore bien des hivers
ou, au contraire,
que tu sois en train d'en vivre le dernier
- celui-là même qui, en ce moment,
éreinte les vagues de la mer
à l'assaut des rochers -
crois-moi,
ne change rien à tes occupations
et, dans un cas comme dans l'autre,
n'escompte jamais vivre plus loin
que le jour où nous sommes.
Déjà, tandis que nous parlons,
le temps impitoyable aura fui.
C'est aujourd'hui qu'il faut vivre.
Car demain reste pour toi
ce qu'il y a de moins sûr.
(*)Quintus Horatius Flaccus - Naissance : Venouse, 65 avant J.C. - Décès : Tivoli, 8 avant J.C.
15:08 Écrit par Rafaël dans général, groupe | Commentaires (8)













Commentaires
Écrit par : legrand pascaline | `2006-10-17 à 09.35:12`
Répondre à ce commentaireJ'avais déja vu ton blog la semaine dernière en me baladant sur skynet pour avoir des nouvelles de mon pays. T'imagine pas comme cela me fait plaisir de connaitre enfin qq qui a les mêmes problèmes que moi. je cherche depuis pas mal de temps et je n'ai jamais rencontré personne ayant ces deux ennuis "mécaniques" en même temps. (Ouf suis pas le seul ;-) )
pour ma part sclérose depuis 6 ans et diab depuis ...22 ans (j'en ai 32) mes 4 premières années sous bétaf ont été un cauchemard pour moi et mon entourage, une pousée tout les trois mois en moyenne. Une dépression terrible, mais depuis l'entrée dans ma vie du copaxone, je me sent sacrément bien plus aucun soucis ou alors très relatif et encore.. et une pousée par an.
Ta devise est proche de la mienne bien que j'en ai plusieurs Toujours de l'avant, Toujours plus loin, et ma façon de penser va dans le même sens: ne jamais regarder de l'arrière et ne pas s'inventer le futur, dans les deux cas on ne peux rien y faire...
je suis en arrêt de travail car nos chèrs employeurs du moins en espagne nous refusent et je les comprend si on regarde le coté financier de l'affaire. Ce qui ne m'empêche pas de faire bcps plus qu'avant mais a mon rythme qui est bien différent d'avant si on compte que je faisait deux temps plein par jour. Mon principal soucis niveau sep est d'éviter le stress, les frustrations et tout ce qui pourrait affecter mon moral. Alors aujourd'hui si ce cher gouvernement espagnol est d'accord de me donner une pension, Je vais certainemt pas la refuser( vu qu'elle est nettement plus intéressante qu'en belgique.)
j'ai la fantastique chance d`être arrivé a rire de la sep et même si cela choque certaine personne dont mes parents et certains médecins a ce niveau c moi qui décide de mon moral et il est solide!!
bien a toi et a bienôt.
S.
Écrit par : stef74 | `2006-10-19 à 17.45:20`
Répondre à ce commentaireJ'avais déja vu ton blog la semaine dernière en me baladant sur skynet pour avoir des nouvelles de mon pays. T'imagine pas comme cela me fait plaisir de connaitre enfin qq qui a les mêmes problèmes que moi. je cherche depuis pas mal de temps et je n'ai jamais rencontré personne ayant ces deux ennuis "mécaniques" en même temps. (Ouf suis pas le seul ;-) )
pour ma part sclérose depuis 6 ans et diab depuis ...22 ans (j'en ai 32) mes 4 premières années sous bétaf ont été un cauchemard pour moi et mon entourage, une pousée tout les trois mois en moyenne. Une dépression terrible, mais depuis l'entrée dans ma vie du copaxone, je me sent sacrément bien plus aucun soucis ou alors très relatif et encore.. et une pousée par an.
Ta devise est proche de la mienne bien que j'en ai plusieurs Toujours de l'avant, Toujours plus loin, et ma façon de penser va dans le même sens: ne jamais regarder de l'arrière et ne pas s'inventer le futur, dans les deux cas on ne peux rien y faire...
je suis en arrêt de travail car nos chèrs employeurs du moins en espagne nous refusent et je les comprend si on regarde le coté financier de l'affaire. Ce qui ne m'empêche pas de faire bcps plus qu'avant mais a mon rythme qui est bien différent d'avant si on compte que je faisait deux temps plein par jour. Mon principal soucis niveau sep est d'éviter le stress, les frustrations et tout ce qui pourrait affecter mon moral. Alors aujourd'hui si ce cher gouvernement espagnol est d'accord de me donner une pension, Je vais certainemt pas la refuser( vu qu'elle est nettement plus intéressante qu'en belgique.)
j'ai la fantastique chance d`être arrivé a rire de la sep et même si cela choque certaine personne dont mes parents et certains médecins a ce niveau c moi qui décide de mon moral et il est solide!!
bien a toi et a bienôt.
S.
Écrit par : stef74 | `2006-10-19 à 17.48:25`
Répondre à ce commentairela sagesse n'est-elle pas
de nous soumettre chacun à notre sort ? "
Une petite phrase qui en dit long ! tellement vraie...
la volonté de se battre contre la maladie, c'est aussi l'un des "ingrédients" du "mieux être"
rafael, je connais ton courage et je suis certains que les autres personnes qui souffrent de ce mal sont aussi très courageuses...
pERSONNE NE SAIT DE QUOI DEMAIN SERA FAIT!!!
AMITI7S
JEAN PAUL
Écrit par : jean paul molard | `2006-10-22 à 16.09:00`
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fabienne HALLUIN | `2007-05-12 à 17.25:30`
Répondre à ce commentaireEn lisant le magnifique texte d'Horace, il m'est venu à l'esprit ce poème de Baudelaire tiré des "Fleurs du Mal" - Horloge :
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! C'est la loi,
Le jour décroit ; la nuit augmente ; souviens-toi !
Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encore vierge,
Où le Repentir même
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! Il est trop tard !
Écrit par : Brigitte | `2007-06-07 à 21.42:19`
Répondre à ce commentaireÉcrit par : phanou | `2008-02-01 à 15.01:35`
Répondre à ce commentaireJe saisie enfin le sens et je peux enfin les utiliser a bon essien sans prendre le risque d'etre tourner en ridicule.
Merci encore.
Écrit par : caroline | `2009-01-26 à 11.56:12`
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